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Vapotage

Tabac chauffé ou vape : les différences

Par Christopher, , 5 min de lecture

Appareil noir de tabac chauffé avec son étui chargeur ouvert et un stick de tabac inséré
Le tabac chauffé ne brûle pas : il est porté à environ 350 °C dans un petit appareil électronique. Photo Aphis Marta, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Le tabac chauffé est du vrai tabac, porté à 250-350 °C environ sans flamme, alors que la vape vaporise un liquide qui ne contient pas de tabac. Les deux produisent un aérosol et se rechargent en USB, mais ils ne relèvent ni de la même réglementation ni de la même fiscalité. Ils ne coûtent pas non plus la même chose.

Chauffer sans brûler : le principe du tabac chauffé

Un appareil de tabac chauffé ressemble à un gros stylo ou à un petit boîtier. On y insère un bâtonnet, une courte cigarette composée de tabac reconstitué, de papier et d’un filtre. Une lame ou un système à induction chauffe le tabac de l’intérieur, à une température nettement inférieure à celle d’une cigarette allumée, dont l’extrémité dépasse plusieurs centaines de degrés de plus lors d’une bouffée.

Sans combustion, pas de cendre ni de fumée au sens strict : l’utilisateur inhale un aérosol qui contient de la nicotine issue du tabac, ainsi que d’autres composés produits par la chauffe. Une session dure quelques minutes, une douzaine de bouffées environ, puis le bâtonnet se jette. Le geste reste calé sur celui de la cigarette : une unité, une pause, un mégot.

Côté entretien, l’appareil demande un nettoyage régulier de la chambre de chauffe, où des résidus de tabac s’accumulent, et sa batterie se recharge entre deux ou plusieurs sessions selon le modèle. Une utilisatrice de quinze bâtonnets par jour recharge donc son appareil plusieurs fois dans la journée, ou garde un étui chargeur dans son sac. L’odeur est différente de celle d’une cigarette, moins persistante sur les vêtements, mais reste perceptible pour l’entourage.

Vaporiser un liquide : le principe de la vape

La cigarette électronique chauffe un e-liquide, mélange de propylène glycol, de glycérine végétale, d’arômes et, au choix, de nicotine. La résistance transforme ce liquide en vapeur ; il n’y a pas de tabac dans le circuit. La nicotine, quand elle est présente, est dosée en mg/ml et se choisit librement, de 0 à 20 mg/ml.

Autre différence d’usage : la vapoteuse ne fonctionne pas par unités. On en prend quelques bouffées, on la repose, on la reprend, sans session minutée. Le dosage peut baisser progressivement jusqu’à zéro, ce que le tabac chauffé ne permet pas, puisque la nicotine dépend du bâtonnet.

Un produit du tabac pour la loi et le fisc

Les bâtonnets contiennent du tabac : ils sont donc traités comme des produits du tabac.

  • Vente : les recharges passent par le réseau des buralistes, comme les cigarettes, et leur prix est homologué par l’administration.
  • Fiscalité : elles supportent les droits d’accise sur les tabacs manufacturés, alors que les e-liquides ne sont pas taxés comme du tabac en France.
  • Emballage : avertissements sanitaires des produits du tabac, interdiction de publicité.
  • Mineurs : vente interdite, comme pour les produits du vapotage.

L’appareil lui-même, sans tabac, est un objet électronique vendu en boutique de l’enseigne, en ligne ou chez certains buralistes.

Arômes interdits dans l’UE depuis le 23 octobre 2023

Une directive déléguée européenne a retiré au tabac chauffé une exemption dont il bénéficiait. Depuis le 23 octobre 2023, les bâtonnets aromatisés, menthol compris, ne peuvent plus être vendus dans l’Union européenne, comme c’était déjà le cas pour les cigarettes depuis 2020. Les fabricants ont réagi en proposant des recharges sans arôme caractérisant, certaines avec un filtre ou un papier qui donne une sensation de fraîcheur sans être classé comme arôme.

La vape n’est pas concernée par cette règle européenne : les e-liquides restent disponibles dans toutes les saveurs, des goûts tabac aux saveurs fruitées. Ce point pèse dans le choix de certains utilisateurs, dans un sens comme dans l’autre.

Coût comparé : appareil et consommables

Pour un utilisateur de quinze unités par jour, les ordres de grandeur se répartissent ainsi :

Cigarette Tabac chauffé Vape (pod)
Contient du tabac Oui Oui Non
Température combustion, 800 °C et plus 250 à 350 °C environ vaporisation du liquide
Fiscalité Tabac Tabac Pas de droit sur le tabac
Arômes Interdits Interdits depuis 2023 Autorisés
Appareil — quelques dizaines d’euros, souvent remisé 20 à 40 € environ
Budget mensuel indicatif environ 280 € (prix moyen du paquet) un peu moins que la cigarette 30 à 60 €

Le prix des recharges suit en grande partie celui du tabac, parce qu’il en a la fiscalité. Un fumeur qui passe au tabac chauffé dépense donc un peu moins chaque mois, mais reste dans la même catégorie de budget. L’écart avec la vape vient surtout du liquide, beaucoup moins taxé. Le détail du prix du paquet de cigarettes permet de refaire le calcul selon sa propre marque.

OMS, HCSP, FDA : les positions officielles

L’Organisation mondiale de la santé classe le tabac chauffé parmi les produits du tabac et estime qu’une exposition réduite à certaines substances ne permet pas de conclure à un risque réduit pour la santé. Elle demande qu’il soit soumis aux mêmes règles que les autres produits du tabac.

En France, le Haut Conseil de la santé publique le considère comme un produit du tabac à part entière et ne le compte pas parmi les aides à l’arrêt. La HAS ne le mentionne pas dans ses recommandations sur le sevrage, où les substituts à la nicotine sont placés en première intention.

Aux États-Unis, la FDA a autorisé en 2020 un appareil de tabac chauffé à être présenté comme réduisant l’exposition à certaines substances, tout en refusant l’allégation d’un risque réduit de maladie. Les débats scientifiques se poursuivent sur l’effet à long terme, et sur la part d’utilisateurs qui combinent tabac chauffé et cigarettes plutôt que de remplacer les unes par l’autre.

Passer de l’un à l’autre

Certains fumeurs passent par le tabac chauffé avant la vape, d’autres font le chemin inverse, d’autres encore gardent l’un des deux durablement. Le passage du tabac chauffé à la vape suit les mêmes repères que depuis la cigarette : un pod à tirage serré, un liquide adouci à un dosage proche de la consommation, une saveur tabac pour les premières semaines.

Je n’ai jamais utilisé de tabac chauffé ; quand j’ai arrêté pour de bon, c’est directement la vapoteuse qui a pris la place du paquet. Ceux qui visent l’arrêt complet de la nicotine peuvent aussi s’appuyer sur un tabacologue, qui accompagne indifféremment un fumeur, un utilisateur de tabac chauffé ou un vapoteur.

Questions fréquentes

Le tabac chauffé est-il moins nocif que la cigarette ?

Il ne produit pas de combustion et expose à moins de certaines substances, selon les mesures publiées. L'OMS estime toutefois que cette exposition réduite ne prouve pas un risque réduit, et le HCSP le traite comme un produit du tabac. Les données de long terme restent débattues.

Quelle est la différence entre tabac chauffé et cigarette électronique ?

Le tabac chauffé contient du vrai tabac, chauffé sans flamme, et suit la fiscalité du tabac. La cigarette électronique vaporise un liquide sans tabac, au dosage de nicotine choisi. Les arômes sont interdits dans le premier depuis 2023, autorisés dans la seconde.

Le tabac chauffé contient-il de la nicotine ?

Oui, la nicotine vient directement du tabac du bâtonnet. Son niveau dépend de la recharge et ne se règle pas comme un e-liquide. Il n'existe pas de version sans nicotine.

Le tabac chauffé est-il interdit en France ?

Non, il est en vente libre pour les majeurs, chez les buralistes pour les recharges. Seules les versions aromatisées sont interdites dans l'UE depuis le 23 octobre 2023. Il reste soumis aux règles des produits du tabac.