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Vapotage

E-liquide : quel taux de nicotine choisir ?

Par Christopher, , 6 min de lecture

Rangée de petits flacons d'e-liquide aux couleurs variées, éclairés par derrière
Les e-liquides se déclinent en dizaines d'arômes et en plusieurs dosages de nicotine. Photo Lindsay Fox from Newport beach, United States, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Quel taux de nicotine pour un e-liquide ? Le repère de départ se cale sur le nombre de cigarettes fumées chaque jour : de 3 à 6 mg/ml pour un petit fumeur, autour de 12 mg/ml pour un paquet, jusqu’au plafond européen de 20 mg/ml au-delà. Le matériel et la façon d’inhaler font ensuite varier ce chiffre de quelques milligrammes.

Cigarettes par jour et mg/ml : la grille courante

Les vendeurs spécialisés utilisent une grille assez stable d’une boutique à l’autre. Elle vaut pour une vapoteuse en inhalation indirecte (tirage serré), le mode le plus proche de la cigarette.

Consommation de tabac Nicotine classique Sels de nicotine
Moins de 10 cigarettes par jour 3 à 6 mg/ml 5 à 10 mg/ml
10 à 20 cigarettes par jour 6 à 12 mg/ml 10 à 15 mg/ml
Plus d’un paquet par jour 12 à 18 mg/ml 15 à 20 mg/ml
Première cigarette dans les 30 minutes après le réveil monter d’un cran monter d’un cran

Le temps qui sépare le lever de la première cigarette est un indicateur de dépendance repris dans le test de Fagerström. Un fumeur de quinze cigarettes qui allume la première au saut du lit a souvent besoin d’un dosage plus haut qu’un fumeur de vingt cigarettes qui attend la pause de 10 heures.

En inhalation directe, avec gros nuage et puissance élevée, la quantité de vapeur absorbée est bien plus importante : les taux chutent à 3 ou 6 mg/ml, rarement plus.

Dosage trop fort ou trop faible : les signes

Le corps renseigne vite sur un mauvais réglage. Un liquide trop dosé se manifeste par une gorge qui brûle, une toux à chaque bouffée, parfois un léger mal de tête, des nausées ou une sensation de cœur qui accélère : on espace alors naturellement les bouffées, ou on baisse d’un cran. Un liquide trop faible produit l’inverse : la vapoteuse tourne en continu, le flacon de 10 ml dure à peine deux jours, et l’envie d’une vraie cigarette persiste en fin de repas ou au café. Entre les deux, le bon dosage se reconnaît à quelques bouffées qui calment l’envie, puis à un appareil qu’on peut reposer pendant un moment.

Sels de nicotine ou nicotine base libre

La nicotine classique, dite « base libre », est la forme utilisée depuis les débuts de la vape. Au-delà de 10 ou 12 mg/ml, elle produit un « hit », une sensation de grattement au fond de la gorge, que certains recherchent parce qu’elle rappelle la cigarette, et que d’autres trouvent irritante.

Les sels de nicotine associent la nicotine à un acide, ce qui adoucit ce grattement. Ils permettent de vapoter à 15 ou 20 mg/ml sans gêne, et la nicotine est perçue plus vite, avec une sensation de satiété proche de celle d’une cigarette. Ils sont pensés pour les pods et les petits appareils à faible puissance ; en inhalation directe, ils apportent vite trop de nicotine.

J’ai commencé avec de la nicotine classique à 16 mg/ml, et la gorge protestait à chaque bouffée. Le passage aux sels à dosage voisin a changé la sensation sans changer la quantité.

20 mg/ml : le plafond européen

La directive européenne sur les produits du tabac (TPD) fixe trois limites pour les liquides nicotinés :

  • 20 mg/ml de nicotine au maximum ;
  • 10 ml au maximum par flacon contenant de la nicotine ;
  • 2 ml au maximum pour le réservoir de l’appareil.

Ces règles expliquent la forme du marché : les liquides nicotinés se vendent en petits flacons de 10 ml, et les grands formats (50, 100 ml ou plus) sont vendus sans nicotine. Le plafond de 20 mg/ml suffit à la grande majorité des fumeurs, surtout en sels de nicotine. Les produits du vapotage restent par ailleurs interdits à la vente aux mineurs.

Boosters et grands formats : calculer le dosage final

Le booster est un flacon de 10 ml de base nicotinée, souvent à 20 mg/ml, sans arôme. On le verse dans un grand format non nicotiné laissé à moitié vide par le fabricant. Le calcul est simple : la nicotine se dilue dans le volume total.

  • 50 ml d’arôme + 1 booster de 10 ml à 20 mg/ml = 60 ml à environ 3,3 mg/ml ;
  • 50 ml + 2 boosters = 70 ml à environ 5,7 mg/ml ;
  • 40 ml + 2 boosters = 60 ml à environ 6,7 mg/ml.

La formule : (nombre de boosters × 10 ml × 20 mg) ÷ volume total en ml. Ce montage revient moins cher que les flacons de 10 ml tout prêts, mais il plafonne vite : pour dépasser 8 mg/ml, il faut tellement de boosters que l’arôme se dilue. Les dosages plus forts passent donc presque toujours par des 10 ml déjà dosés.

Ratio PG/VG et arômes

Un e-liquide se compose de propylène glycol (PG), de glycérine végétale (VG), d’arômes et, le cas échéant, de nicotine. Le rapport entre PG et VG change la sensation :

  • 50/50 ou PG majoritaire : liquide fluide, saveurs nettes, hit plus présent, adapté aux pods et au tirage serré ;
  • VG majoritaire (70 % ou plus) : liquide épais, vapeur abondante, sensation plus douce, adapté à l’inhalation directe et aux résistances basses.

Côté saveurs, les fumeurs qui passent à la vape choisissent souvent d’abord une saveur « classic » proche du tabac blond ou brun, puis glissent vers des goûts fruités, gourmands ou mentholés. Une saveur unique toute la journée finit parfois par s’éteindre au goût ; alterner deux ou trois liquides limite cet effet.

Faire descendre le taux de nicotine

La baisse du dosage n’a pas de calendrier imposé. Les vapoteurs qui réduisent procèdent en général par paliers de 2 à 3 mg/ml, en gardant chaque palier plusieurs semaines, et seulement quand le tabac a complètement disparu. Un exemple de parcours sur une année :

  1. Premiers mois : 12 mg/ml, le temps de ne plus fumer aucune cigarette ;
  2. Quelques mois plus tard : 9 mg/ml, avec un liquide de 9 et un de 12 en alternance la première semaine ;
  3. Ensuite : 6 mg/ml, puis 3 mg/ml ;
  4. Pour certains : 0 mg/ml, la vape devenant un simple geste.

Une baisse trop rapide se repère vite : on vapote davantage, on recharge plus souvent, et les envies de cigarette reviennent. Dans ce cas, remonter d’un palier n’est pas un échec, c’est un réglage. Ce sont les mêmes envies que lors d’un sevrage tabagique classique, et elles passent de la même manière, en quelques minutes. Je suis descendu en un peu plus de deux ans, avec un retour en arrière au palier de 6 mg/ml.

Le passage à zéro ne fait pas consensus : certains ex-fumeurs gardent un faible dosage durablement. Pour ceux qui veulent un appui, un tabacologue accompagne aussi la réduction de la nicotine en vape, et la combinaison avec des substituts nicotiniques reste possible pendant la transition.

Questions fréquentes

Quel taux de nicotine choisir quand on fume un paquet par jour ?

Le repère habituel se situe autour de 12 mg/ml en nicotine classique, ou entre 12 et 15 mg/ml en sels de nicotine. Un fumeur qui allume sa première cigarette dès le réveil monte souvent un peu au-dessus. Le gros du réglage se fait sur les premiers jours, selon les envies restantes.

Les sels de nicotine sont-ils plus forts ?

À dosage égal, ils ne contiennent pas plus de nicotine, mais ils passent plus doucement dans la gorge et sont absorbés plus rapidement. Ils permettent donc de vapoter des taux élevés confortablement. Ils sont conçus pour les pods et les faibles puissances.

Quel est le taux de nicotine maximum autorisé en France ?

Comme dans toute l'Union européenne, il est de 20 mg/ml. Les liquides nicotinés sont vendus en flacons de 10 ml au plus. Les grands formats sont vendus sans nicotine et se complètent avec des boosters.

Peut-on vapoter sans nicotine ?

Oui, des liquides à 0 mg/ml existent dans toutes les saveurs. Ils servent surtout en fin de parcours, quand le besoin de nicotine a disparu et qu'il reste le geste. Pour un fumeur qui débute, ils laissent en général le manque intact.