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Aides au sevrage

Médicaments pour arrêter de fumer : varénicline et bupropion

Par Christopher, , 5 min de lecture

Plaquettes de comprimés et de gélules, petit flacon et bocal de gélules sur fond blanc
Les médicaments d'aide à l'arrêt se prennent sur prescription, avec un suivi médical. Photo BuhaM, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Deux médicaments pour arrêter de fumer sont autorisés en France : la varénicline, connue sous le nom de Champix, et le bupropion, vendu sous le nom de Zyban. Tous deux se délivrent uniquement sur ordonnance, et la Haute Autorité de santé les place après les substituts nicotiniques, en deuxième intention.

Deux molécules, deux mécanismes

Les substituts apportent de la nicotine. Ces deux médicaments n’en contiennent pas : ils agissent sur le cerveau pour réduire l’envie de fumer et le plaisir tiré de la cigarette.

  • La varénicline se fixe sur les mêmes récepteurs que la nicotine. Elle les stimule un peu, ce qui atténue le manque de nicotine, et les occupe, ce qui rend une cigarette fumée pendant le traitement moins satisfaisante.
  • Le bupropion est une molécule d’abord développée comme antidépresseur. Il agit sur la dopamine et la noradrénaline, deux messagers chimiques liés à la récompense, et diminue l’intensité des envies.

Champix : retrait en 2021, retour de la varénicline

En 2021, le laboratoire Pfizer a retiré le Champix du marché dans plusieurs pays, dont la France, après la découverte de nitrosamines, des impuretés apparues lors de la fabrication. Le médicament n’était pas mis en cause pour son principe actif, mais pour ce défaut de production. Pendant plusieurs années, la varénicline n’était donc plus disponible en pharmacie.

La molécule est revenue avec un procédé de fabrication modifié. Des génériques de varénicline sont désormais commercialisés en France, sur ordonnance, sous liste I. Les fumeurs qui demandent encore du Champix au pharmacien reçoivent donc le plus souvent une varénicline générique.

Deuxième intention : la place donnée par la HAS

La HAS maintient les substituts nicotiniques en première intention. Varénicline et bupropion prennent le relais quand les substituts n’ont pas suffi ou ne conviennent pas. Le médecin évalue la dépendance, souvent avec le test de Fagerström, et les antécédents avant de prescrire. La cigarette électronique n’entre pas dans cette classification médicamenteuse : elle n’a pas le statut de médicament.

La prescription relève du médecin : généraliste, tabacologue, addictologue, pneumologue ou cardiologue. Contrairement aux substituts, que d’autres professionnels de santé peuvent prescrire, ces deux molécules demandent une consultation médicale, avec un point sur l’humeur, les traitements en cours et d’éventuels antécédents neurologiques. Un rendez-vous de suivi est souvent programmé deux à quatre semaines après le début, au moment où l’arrêt du tabac a eu lieu.

Je n’ai jamais pris l’un ou l’autre : mes trois tentatives se sont faites avec patchs, sans rien, puis avec la vape. Je raconte donc ces traitements de l’extérieur, notice et recommandations en main.

Déroulé de la varénicline : la date d’arrêt en cours de traitement

La particularité de ces traitements : on commence à les prendre pendant qu’on fume encore. La notice prévoit de fixer une date d’arrêt, et de démarrer le traitement une à deux semaines avant.

Période Varénicline Bupropion
Semaine 1 Doses croissantes, on fume encore Début du traitement, on fume encore
Semaine 2 Dose d’entretien, arrêt du tabac à la date prévue Date d’arrêt fixée pendant cette semaine
Semaines 3 à 12 Poursuite à dose d’entretien Poursuite, durée totale de 7 à 9 semaines
Après 12 semaines Seconde cure de 12 semaines possible Fin du traitement

Pour la varénicline, la notice décrit aussi une variante pour ceux qui ne veulent pas arrêter net : réduire progressivement le nombre de cigarettes pendant douze semaines, avec un traitement total de vingt-quatre semaines. Les doses précises et leur montée se règlent avec le médecin ou le pharmacien.

Une semaine type de démarrage

Un fumeur de quinze cigarettes par jour fixe son arrêt à un lundi. Il commence la varénicline le lundi précédent, garde ses cigarettes la première semaine et remarque souvent qu’elles lui procurent moins de satisfaction. Le dimanche soir, il jette paquet et briquet : sa dernière cigarette tombe à la fin de la phase de montée.

Effets indésirables cités par les notices

Les notices listent les effets indésirables observés. Pour la varénicline, les plus fréquents sont les nausées, qui s’atténuent souvent en prenant le comprimé au milieu d’un repas avec un grand verre d’eau, les maux de tête, les troubles du sommeil et les rêves inhabituels. Des changements d’humeur sont aussi mentionnés et doivent être signalés au médecin.

Pour le bupropion, la notice cite surtout l’insomnie, la bouche sèche et les maux de tête. Le médicament abaisse le seuil de convulsion : il n’est donc pas prescrit en cas d’épilepsie, d’antécédent de convulsions, de troubles alimentaires ou chez la femme enceinte. Certaines associations médicamenteuses sont aussi exclues, ce que le médecin vérifie à la prescription.

Une partie des symptômes ressentis viennent par ailleurs du sevrage lui-même : irritabilité, sommeil agité, faim accrue. Les distinguer de l’effet du médicament fait partie du suivi.

Prix et remboursement

La varénicline est remboursable à 65 % par l’Assurance maladie sur ordonnance. À titre de repère, une boîte générique de 28 comprimés est affichée autour de 18 € et une boîte de 56 comprimés autour de 35 € dans la base publique des médicaments, ce qui situe un traitement complet de douze semaines à une centaine d’euros avant remboursement.

Le bupropion n’est pas remboursé. Son prix varie selon les pharmacies et reste à la charge du patient, sauf geste éventuel de la mutuelle dans le cadre d’un forfait prévention.

Comparaison chiffrée : à 12,50 € le paquet, un paquet quotidien coûte autour de 1 050 € sur les douze semaines du traitement. Le traitement par varénicline, même sans mutuelle, représente une fraction de cette somme.

Médicament, substituts, vape : les combinaisons

La varénicline n’est en principe pas associée aux substituts nicotiniques, son action portant déjà sur les récepteurs à la nicotine. Le bupropion, lui, peut être combiné à des substituts dans certains cas, sur décision médicale. Un accompagnement par un tabacologue ou une consultation de suivi sert à ajuster les doses et préparer les situations où une rechute est plus probable.

Ces médicaments ne font disparaître ni les habitudes ni les rituels : le café du matin, la pause au travail, la voiture restent des moments à réorganiser, avec ou sans comprimé.

Questions fréquentes

Le Champix existe-t-il encore ?

Le Champix de marque a été retiré en 2021 pour un problème d'impuretés de fabrication. La varénicline, sa molécule, est de nouveau disponible en France sous forme de génériques fabriqués avec un procédé modifié. Elle reste soumise à ordonnance.

Quel médicament pour arrêter de fumer ?

Deux médicaments sont autorisés en France : la varénicline et le bupropion. La HAS les place en deuxième intention, après les substituts nicotiniques. Le choix se fait avec le médecin selon la dépendance et les antécédents.

La varénicline est-elle remboursée ?

Oui, la varénicline est remboursable à 65 % sur ordonnance. Le bupropion, en revanche, n'est pas remboursé par l'Assurance maladie. Certaines mutuelles prennent en charge une partie des frais de sevrage.

Quand arrêter de fumer sous varénicline ?

On fixe une date d'arrêt et on commence le traitement une à deux semaines avant. La première semaine se passe en fumant encore, pendant la montée des doses. L'arrêt du tabac intervient en général au cours de la deuxième semaine.